SUR LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

 

La légende


Vers l'an 813, selon la tradition relatée dans la "Concordia de Antealtares" écrite vers 1077, vivait près de l'église de San Félix un ermite nommé Pelayo. La présence du corps de saint Jacques lui fut annoncée par un ange, alors qu'au même moment les fidèles de l'église étaient avertis par des lueurs divines.
L'évêque d'Iria-Flavia (aujourd'hui la ville se nomme Padrón), Théodomir, après avoir vérifié l'existence de cette révélation, mena les fidèles à l'endroit indiqué "Campus stellarum" et y découvrit le tombeau revêtu de marbre.

"Campus stellarum", le "champ des étoiles", d'où Compostelle. En fait, ce serait plus probablement la déformation des mots : "compostum", "compositum" ou "compostellum", signifiant "apprêts funéraires" ou "tombeau".


Saint Jacques


Saint-Jacques-de-Compostelle est l'un des douze apôtres de Jésus Christ. Appelé aussi Jacques le majeur.

Cette épithète "majeur" lui vient de sa qualité d'aîné des deux enfants de Zébédée, son père, qui était pêcheur et Marie Salomé ou (Salomé la Myrophore du grec muron, "parfum liquide" et du verbe phoreo, "porter": qui porte du parfum liquide, parce qu'elle fut l'une des femmes qui accompagnèrent le Christ au tombeau).

Il est le frère de l'apôtre Jean et tous deux sont surnommés Boanerges, c'est-à-dire "fils du tonnerre", cela permet aussi de le distinguer de l'autre apôtre "Jacques, fils d'Alphée".

Jacques est l'un des tout premiers disciples à suivre Jésus, et il est un de ses plus proches. Il participe, avec Pierre et Jean, à des évènements importants : la Transfiguration, l'agonie de Jésus au Mont des Oliviers. Ce même groupe de trois apôtres est le seul à le suivre lorsqu'il va ressusciter la fille du chef de la synagogue. Enfin Jacques est cité parmi les témoins de la troisième apparition de Jésus après sa mort, sur les bords du lac de Tibériade (épisode de la pêche miraculeuse rapporté par saint Jean).

Jacques est le seul apôtre dont la mort est rapportée dans le Nouveau Testament : Hérode fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean. Il est fêté le 25 juillet.

Il y a trois personnages nommés Jacques dans le Nouveau Testament:

Jacques fils de Zébédée, frère de Jean, un des Apôtres.
Jacques le Juste, frère du Seigneur,
Jacques le fils d'Alphée, un des Apôtres.

Il faut y ajouter le Jacques, rédacteur de l'Epître de Jacques qui selon l'exégèse contemporaine n'est aucun de ces trois (ce pourrait être un anonyme avec un prénom d'emprunt). Mais pour la Chrétienté médiévale et pour Compostelle en particulier, il n'y avait qu'un seul Jacques, apôtre et rédacteur de l'Epître.

Saint-Jacques-de-Compostelle : LA VILLE


Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et en castillan) est une ville d'Espagne située dans la province de La Coruña. C'est la capitale de la communauté autonome de Galice, et à ce titre siège de la Xunta de Galicia (gouvernement régional autonome) et du Parlement de la communauté. La ville comptait 93.273 habitants en 2002.

Histoire


Le site même de la ville était un lieu de culte druidique. Les Romains établirent un mausolée. On suppose qu’une ville existait et qu’elle s’appelait Asseconia.

La ville paraît avoir été le centre intérieur des nombreux petits ports galiciens, comme Padrón, anciennement Iria-Flavia, où relâchaient les bateaux de pêche ou de commerce. Une tradition de sacralité était déjà implantée dans cette région, car on croyait que Padrón possédait des pierres sacrées.

Elle fut certainement christianisée du Ier au IIIe siècle puis oubliée, à la suite des persécutions romaines contre les Chrétiens.

Elle réapparaît en 813, après la « découverte » du corps de l’apôtre Jacques le Majeur. La petite agglomération de Compostelle devint une ville au début du XIe siècle.

À partir de cette date, la dynastie espagnole considère les reliques de saint Jacques comme son palladium, et le saint comme le protecteur de l'Espagne face aux envahisseurs musulmans. En 866, Alphonse III le Grand fait de Saint-Jacques-de-Compostelle un évêché. Une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.

Le rayonnement du culte de saint Jacques contribua puissamment à cristalliser l'œuvre de la Reconquista ; le cri de guerre contre les Maures est « ¡ Santiago y cierra España ! » (« Saint Jacques et attaque l'Espagne ! »).

Lorsque la famille royale s'unit par mariage à celle de Bourgogne, protectrice des moines de Cluny, le pèlerinage de Compostelle, sous l'influence de ces derniers, répandus dans toute l'Europe, devient universel.

S'ouvre alors le « chemin de Saint-Jacques », jalonné de basiliques de dévotion comme Chartres, Conques ou Le Puy. Autour de ces routes se développèrent plusieurs cycles de récits (légendes, chroniques, etc.), colportés par les pèlerins au cours de leur long voyage. Ce pèlerinage international permet aux souverains espagnols de recruter de nombreux chevaliers pour la Reconquista.

Si Saint-Jacques ne fut pas conquise par les maures, elle fut cependant prise et pillée en 997 par Muhammad ibn Abî Amir dit el-Mansour, al-Manzor en espagnol, le victorieux en arabe, chef de guerre du calife de Cordoue Hicham II. Avant d'incendier la basilique, il fait arracher les portes et les cloches, que des captifs chrétiens transportent jusqu'à Cordoue, où elles sont entreposées dans la grande mosquée. Seul le tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur, compagnon du prophète Jésus ne fut pas touché.

La consternation fut grande dans la Chrétienté. Le puissant ordre de Cluny organisa les secours dans tout l’occident chrétien. L'événement devait frapper durablement les imaginations : ce sont ces mêmes cloches que d'autres prisonniers, musulmans cette fois, transporteront jusqu'à Tolède, à la prise de Cordoue par Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, en 1236.

Une église romane y fut édifiée en 1075. La ville fut élevée au rang de siège épiscopal par le pape Urbain II en 1095. Son premier évêque fut un clunisien.

La cathédrale a un plan de trois nefs, un vaste transept doté de collatéraux et de tribunes, un chevet à déambulatoire entouré d’une ceinture de chapelles rayonnantes.
Ses dimensions intérieures sont de 97m x 67m et d’une hauteur de 32 m.
La nef centrale est couverte d’une voûte en berceau, ainsi que les latérales. Il a eu neuf tours, deux dans chaque façade et trois dans la croisée du transept. De plan médiéval, elle a eu des adjonctions renaissance et Baroque.
Le sanctuaire est d'une exubérance surprenante dans ce cadre roman. Le maître-autel que surmonte une statue de saint Jacques du XIIIe siècles, somptueusement parée, est dominé par un énorme dais sculpté. Les pèlerins peuvent aller baiser le manteau du saint par un escalier situé derrière l'autel.

Sous le maître-autel une crypte, constituée par les soubassements de l'église du IXe siècle qui abritait le tombeau de l'apôtre, renferme les restes de saint Jacques et de ses disciples : saint Théodore et saint Athanase.
Parmi les beautés de cette cathédrale, on remarque dans le déambulatoire, les belles grilles et la voûte de la chapelle de Mondragòn (1521) ainsi que, dans le croisillon sud, les portes Renaissance de la sacristie et du cloître.
Les chapelles de la cathédrale forment un musée de peintures, de retables, de reliquaires, de sculptures accumulées au cours des siècles.

Calixte II fait de Saint-Jacques-de-Compostelle (dont son frère Raymond de Bourgogne est Roi), une ville sainte du même ordre que Jérusalem et Rome et fait construire avec son frère la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il suscite l’écriture du Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l'Apôtre du Christ, St Jacques le Majeur, venu évangéliser l'empire romain jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle au Ier siècle et dont les saintes reliques reposeront dans la nouvelle cathédrale. Il assure la promotion du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dans toute l'Europe.

En 1120 un Castillan, Diego Gelmírez, fut nommé archevêque et légat, il rivalisait avec l’archevêque de Tolède.


Santiago, dans sa muraille médiévale, comme Aimery Picaud l'a vue et telle qu'elle est restée pendant des siècles, avait la forme d'un cœur légèrement incliné vers l'ouest. S'il subsiste de très rares vestiges de son enceinte, son profil circulaire demeure parfaitement dessiné. On peut le suivre à partir de la Puerta del Camino ou Porte de France, où s'élève le calvaire dit de l’« Homo Santo ».

Le Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage chrétien, dont le but est le tombeau présumé de l'apôtre dans la crypte de la cathédrale de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). En effet, depuis le IXe siècle, l'Eglise locale prétend posséder le corps (les reliques) de Saint Jacques, apôtre du Christ, à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Au Moyen Âge, il comptait parmi les trois grands pèlerinages de la Chrétienté, avec :

Le Pèlerinage de Rome, ( dont un exemple est celui effectué à partir de Canterbury par la via Francigena), et le recueillement sur les tombeaux de Saint Pierre et Saint Paul
Le Pèlerinage de Jérusalem, avec le recueillement sur le Saint-Sépulcre.

Origines

Le pèlerinage est né de la découverte vers l'an 800 du sépulcre de Saint Jacques, frère de Saint Jean l'évangéliste et premier apôtre martyr de la chrétienté.

Les premiers écrits mentionnant la prédication de Jacques en Espagne remontent au VIIe siècle.

Ils ont été repris au XIIe siècle et incorporés au Codex Calixtinus.
Saint Jacques aurait quitté le Proche-Orient au Ier siècle avec pour mission de prêcher la parole du Christ en occident jusque dans la péninsule Ibérique. Rentré en Palestine, il fut décapité sur ordre du roi Hérode Agrippa. Recueillie par ses compagnons, sa dépouille fut portée dans une embarcation. Guidée par un ange, l'esquif franchit le détroit de Gibraltar avant de s'échouer sur les côtes de Galice.

Son tombeau aurait été retrouvé quelques centaines d'années plus tard, au début du IXe siècle, par l'ermite Pelayo (ou Pelagius) qui déclara avoir eu une révélation dans son sommeil. Il aurait été guidé par une étoile dans le ciel, d'où une des étymologies avancées pour Compostelle : Campus Stellae ou champ de l'étoile.

Théodomire, évêque d'Ira-Flavia (aujourd'hui Padrón), reconnut ce tombeau comme étant celui de Saint Jacques en 835 et le roi Alphonse II des Asturies y fit édifier une église. Il faudra toutefois attendre l'année 1884 pour que le pape Léon XIII officialise la reconnaissance du tombeau de Saint Jacques par l'Église.


Histoire


La coquille Saint Jacques, un des symboles du pèlerinage. En 1121, en pleine période de croisade (dont la première est lancée en 1095 par le Pape Urbain II) et 3 ans après la fondation de l'ordre des Templiers en 1118 à Jérusalem par le pape Pascal II pour protéger le pèlerinage de Jérusalem, le pape Calixte II (dont le frère Raymond de Bourgogne est roi de León et de Galice par mariage avec Urraque Ire de Castille, fille du roi de Castille Alphonse VI de Castille) fait de Saint-Jacques-de-Compostelle une ville sainte du même ordre que Jérusalem et Rome et fait construire la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle pour y recueillir les reliques sacrées.

Il suscite l’écriture du Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l'Apôtre du Christ et assure la promotion du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dans toute l'Europe.

Au cours des Xe et XIe siècle, le culte de Saint Jacques étroitement lié en Espagne à la Reconquista commence de se répandre pour devenir l'un des plus importants du Moyen Âge.

Des quatre coins de l'Europe, les pèlerins de Saint Jacques, qu'on finit par surnommer "jacquets", quittaient leur foyer et traçaient leur route vers la Galice. Pour des raisons pratiques, ils finirent par converger sur des voies précises et des lieux de rassemblement se constituèrent à Paris, Vézelay, Le Puy-en-Velay et Arles. Quatre voies principales se mirent en place sous l'impulsion des grandes abbayes avec un système d'aide aux pèlerins reposant sur des hospices, des chapelles et des étapes. Les rois de Navarre et de Léon améliorèrent de leur côté les routes et construisirent des ponts afin de faciliter les pérégrinations.

Un moine poitevin, Aimery Picaud, rédige le dernier livre incorporé au Codex Calixtinus. Il y décrit les quatre routes principales en France, qui fusionnent pour trois d'entre elles à Ostabat dans les Pyrénées-Atlantiques, puis à Puente la Reina en Espagne, pour former le camino francés. Il y détaille les étapes mais donne aussi des renseignements sur les régions traversées et leurs populations.
Ce Livre n'a pratiquement pas été connu en Europe avant son édition (en latin) en 1882. C'est Jeanne Vielliard qui lui a donné le titre de Guide du pèlerin dans sa traduction de 1938.
Depuis il est considéré, à tort, comme l'ancêtre des guides des pèlerins contemporains.

Le pèlerinage n'en restait pas moins semé d'embûches et il n'était pas rare que des pèlerins périssent avant d'arriver à destination (cela arrive encore en 2007). Aux intempéries succédaient des brigands surnommés coquillards, bien heureux de profiter de l'aubaine que représentaient ces braves gens en les détroussant lors de péages imaginaires, quand ce n'était pas tout simplement pour les laisser pour morts.

Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter puis de se voir remettre comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. La coquille Saint-Jacques était le signe à l'issue du voyage que c'était un homme nouveau qui rentrait au pays. Elle deviendra l'un des attributs reconnaissables du pèlerin, avec le bourdon, la besace et le chapeau à larges bords. La coquille fut même gravée dans la pierre sur les frontons ou les chapiteaux des églises qui servaient d'étape aux pèlerins.

Le drapeau

Le Blason


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